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Créer un site de restaurant avec réservation en ligne

La plupart des sites de restaurant sont de belles vitrines qui ne font rien. Avant de parler de design, il y a un calcul à poser, et il décide de l'essentiel.

Par Wake Systems··8 min de lecture

Le calcul que personne ne fait

Une plateforme de réservation apporte deux choses très différentes, et elle les facture au même prix. Elle vous apporte des clients nouveaux, qui ne vous connaissaient pas : c'est de l'acquisition, et son coût se juge comme tel. Et elle encaisse aussi les réservations de clients qui vous cherchaient par votre nom, vous avaient déjà vu, ou vous avaient déjà mangé : ceux-là, vous les payez deux fois.

Le calcul se fait en dix minutes à partir de votre tableau de bord, et il demande quatre informations.

  • Le nombre de couverts réservés par la plateforme sur un mois représentatif.
  • La part de ces couverts qui vous connaissaient déjà. Beaucoup de plateformes distinguent les nouveaux clients des clients récurrents ; sinon, votre équipe de salle a une estimation fiable.
  • La commission unitaire que vous payez réellement, ou le montant de l'abonnement rapporté au nombre de couverts.
  • Le coût annuel d'un moteur intégré : l'investissement de départ amorti, plus les frais de fonctionnement.

La multiplication des deux premiers par le troisième donne ce que vous payez chaque mois pour des réservations que votre propre site aurait prises. C'est ce montant, et lui seul, qu'il faut comparer au coût d'un moteur intégré.

Dans beaucoup d'établissements, ce calcul rend le projet rentable en quelques mois. Dans d'autres, notamment ceux qui tirent l'essentiel de leur clientèle de la plateforme, il montre qu'il vaut mieux ne rien changer. Les deux réponses sont utiles, et seul le calcul les distingue.

La configuration qui fonctionne : les deux

Le raisonnement précédent ne conduit presque jamais à quitter les plateformes. Il conduit à ne plus leur confier ce qu'elles ne vous apportent pas.

Gardez la plateforme comme canal d'acquisition, avec son budget et ses indicateurs. Récupérez sur votre site les réservations des clients qui vous connaissent déjà : ceux qui tapent votre nom, ceux qui viennent du lien sur votre fiche d'établissement, ceux qui reviennent.

La bascule se fait d'elle-même à condition que votre propre réservation soit meilleure, ou au moins aussi simple. C'est une question de parcours, pas de communication : un bouton visible sur toutes les pages, trois champs, une confirmation immédiate.

Un dernier effet mérite d'être connu : les clients qui réservent sur votre site vous appartiennent, au sens où vous pouvez les informer d'un menu de saison ou d'une fermeture. Ceux qui réservent ailleurs appartiennent à la plateforme, y compris quand ils vous connaissent depuis dix ans.

Ce qu'un client cherche, dans l'ordre

Le comportement est connu et remarquablement stable. Un visiteur cherche quatre choses, dans cet ordre : les horaires, la carte, la possibilité de réserver, et l'adresse.

Il les cherche souvent depuis un téléphone, parfois en marchant, régulièrement en dehors des heures de service. Un site de restaurant se juge donc d'abord sur sa vitesse et sur la lisibilité de ces quatre informations, pas sur son esthétique.

Le reste, l'histoire de la maison, les photos de l'équipe, la galerie de plats, compte, mais vient après. Un site magnifique qui oblige à télécharger une carte en PDF perd une partie de ses visiteurs avant la troisième seconde.

Un moteur de réservation n'est pas un formulaire

La différence est opérationnelle : un formulaire envoie un message, un moteur manipule une contrainte réelle, vos places à un moment donné, avec vos règles.

  • Le plan de salle et les capacités : combien de couverts, sur quelles tables, et lesquelles peuvent être regroupées.
  • Les services et les créneaux : les horaires d'arrivée acceptés, la durée moyenne d'un repas, le nombre de rotations.
  • Les règles d'exception : jours de fermeture, privatisations, grandes tablées qui demandent un appel.
  • La confirmation immédiate, et un rappel la veille.

Ce dernier point est le plus rentable de la liste, et le moins cher à mettre en place. La table réservée qui reste vide est une perte sèche, fréquente sur les réservations prises plusieurs jours à l'avance. Un rappel envoyé la veille, avec un lien pour confirmer ou annuler en un geste, réduit ce phénomène de façon mesurable : le client qui ne viendra pas annule, parce qu'annuler lui demande moins d'effort que de ne rien faire. La table se libère, et elle peut être reprise.

Les autres briques, par ordre d'utilité

Quatre fonctions reviennent régulièrement et se raccordent naturellement au même ensemble.

  • La carte gérée depuis un espace d'administration. Changer un plat ou un prix doit prendre trente secondes, sans prestataire. Sans cela, la carte du site se périme en trois semaines, et c'est le reproche le plus fréquent des clients.
  • La commande à emporter, avec paiement et créneau de retrait, dès qu'une part significative de l'activité se fait hors salle.
  • Les événements et privatisations, avec un formulaire qui pose les bonnes questions dès le départ et évite quatre échanges de messages.
  • Les cartes cadeaux, vendues en ligne et utilisables en salle, particulièrement en fin d'année.

Une cinquième brique ne relève pas du site mais mérite d'être citée : la fiche d'établissement sur les moteurs de recherche et les cartes. Horaires exacts, photos récentes et lien de réservation direct y produisent souvent plus de visites que le site lui-même.

Délais, budget et ordre de construction

Un site avec carte administrable et réservation en ligne se met en service en une semaine et se situe en moyenne entre 2 000 et 8 000 euros. L'ajout de la commande à emporter avec paiement, des cartes cadeaux ou d'une liste d'attente porte le projet au-delà, selon le nombre de fonctions et d'établissements.

À cela s'ajoute un coût de fonctionnement modeste : hébergement, nom de domaine, envoi des messages de confirmation et de rappel. C'est ce montant qui entre dans le calcul de bascule, et il reste très inférieur aux commissions sur le même volume.

Commencez par la réservation et la carte administrable. Ce sont les deux fonctions utilisées tous les jours, et elles représentent une fraction du budget d'un projet complet. Mettez en service, observez un mois, puis décidez de la suite à partir de ce que vous constatez : si les demandes de privatisation encombrent la boîte mail, ajoutez le formulaire ; si la vente à emporter progresse, ajoutez la commande en ligne.

Si vous voulez poser le calcul sur votre établissement, trois chiffres suffisent pour commencer : vos couverts réservés par plateforme sur un mois, la part de clients déjà connus, et la commission que vous payez réellement.